Prendre de la hauteur : interview avec un photographe par drone

> News - 6 mars 2017

Les drones sont de moins en moins chers, de meilleure qualité et de plus en plus populaires. Et cela n’a rien d’étonnant. Ils sont non seulement fascinants, mais les possibilités qu’ils offrent sont fantastiques. Nous avons interviewé Frederic Cervini, un photographe par drone semi-professionnel.

Comment avez-vous commencé la photographie par drone ?

Frederic : « C’était un passe-temps. J’ai toujours été fasciné par le pilotage à distance. J’ai fait mes premiers pas avec un petit hélicoptère, qui était bien plus difficile à piloter qu’il n’y paraît. Ensuite, je me suis mis au quadcopter. C’était un grand pas en avant, car ils étaient beaucoup plus stables. J’y ai accroché une caméra GoPro afin d’explorer les potentialités. Puis une chose en menant à une autre… Les gens me demandaient si je pouvais en faire des films ? Et comme j’avais déjà de l’expérience dans le domaine, je me suis rapidement fait une idée des possibilités. » 

Chaque photographe peut-il s’y mettre ?

« Chaque photographe peut s’y essayer, mais il faut se poser la question de l’utilité. Pour quelqu’un qui fait des portraits, la valeur ajoutée est minime. Mais si vous aimez les paysages ou faites de la photo de biens immobiliers… »

« En ayant une bonne base en photographie, vous pourrez facilement capturer de belles images. La théorie qui se cache derrière et les connaissances de base sont les mêmes. Mais faire voler un drone est une compétence à part, et vous devez l’acquérir. Si vous ne prenez pas le temps d’apprendre, les investissements en temps et financiers seront trop élevés. Il y a beaucoup de drones pas chers sur le marché, mais pour un travail de qualité, vous aurez besoin d’un modèle disposant d’un bon appareil photo – et cela coûte malheureusement un peu plus cher. Si vous voulez attacher votre propre DSLR à votre drone, le prix augmente aussi. En plus de cela, il y a le coût et l’effort liés à la licence de pilote. » 

Qu’en est-il de la loi ? Avez-vous besoin d’une licence pour être engagé comme photographe par drone ?

« En gros, il y a trois niveaux. La classe récréative pour tous les drones pesant maximum 1 kilogramme (avec tout l’équipement). Vous ne pouvez voler que sur un terrain privé avec le consentement du propriétaire et à maximum dix mètres d’altitude. Vous ne pouvez pas effectuer de vols commerciaux. »

« Si ces derniers sont votre ambition, alors vous devez obtenir une licence de classe 2. Le pilote doit être âgé d’au moins 16 ans et le drone peut peser jusqu’à cinq kilogrammes. La hauteur maximale de vol est de 45 mètres, mais vous devez être à au moins 50 mètres d’écart de tout bâtiment (ou obstacle contre nature). Vous ne pouvez pas voler dans les villes, les communes ou au-dessus de personnes et d’animaux. Votre drone doit être immatriculé et assuré. Le cours comprend une partie théorique et une partie pratique, avec un examen pratique à la clé. Comptez environ mille euros pour la licence. »

Avec une licence de classe 1, vous êtes autorisé à piloter des drones allant jusqu’à 150 kilogrammes et 90 mètres de haut, et vous pouvez voler beaucoup plus près des obstacles. Pour un certificat de classe 1, il vous faut passer un examen théorique et un examen pratique. À ne pas sous-estimer ! La formation est comparable à celle d’un pilote d’avion. Par exemple, il y a des connaissances sur l’aérodynamique et la communication radio à intégrer. Le pilote doit être âgé de dix-huit ans et présenter un certificat médical. Cette licence vous coûtera environ trois mille euros. Bien sûr, vous devrez vous engager à respecter la vie privée de chacun. » 

Quel drone utilisez-vous actuellement ?

« Je vole avec le DJI Inspire 1. Ce modèle est légèrement plus grand que les autres, mais il reste stable même lorsqu’il y a du vent. Plus le drone est grand et lourd, plus il est stable. L’appareil photo intégré est excellent (12,4 mégapixels, vidéo 4K à 30 fps et vidéo Full HD jusqu’à 60 fps), et il se bloque en mode stabilisation pour vous permettre de faire des photos et des films parfaits. Point de vue prix, c’est du niveau d’un bon appareil photo professionnel, et vous pouvez toujours l’appareil mettre à jour. Cependant, cela vous coûtera le double du prix. Si vous perdez le contrôle du drone parce qu’il vole hors de portée radio, il reviendra automatiquement. Les seuls inconvénients : c’est un quadcopter, donc si le moteur tombe en panne, le drone s’écrase. Et l’autonomie est limitée à une quinzaine de minutes par batterie. » 

Quel drone est sur votre liste du Père Noël ?

« Le DJI Mavic Pro. C’est un modèle facile à transporter et idéal pour voyager. Il ne pèse que 800 grammes, de sorte que vous ne devez pas le déclarer et vous pouvez voler partout (dans les limites de la législation locale, bien sûr). Il dispose d’une excellente caméra 4K et est aussi facile à piloter que les modèles plus grands. » 

À quoi un novice doit-il faire attention lors de son premier achat ?

« Si vous n’avez jamais vraiment volé : achetez d’abord un engin peu coûteux, de moins de cent euros. Sans appareil photo. Votre objectif est de voir si cela vous plaît vraiment. De plus, vous apprendrez les bases du pilotage. Ce sera plus difficile à manier que les modèles plus chers qui vous offrent plein de gadgets pour vous aider, mais les connaissances que vous obtiendrez vous serviront pour votre permis de pilotage. Pendant la formation, on vous demandera de désactiver la fonction GPS afin de simuler une panne, et vous devrez piloter votre drone à l’instinct. Vous devez en être capable. Un engin pas cher est idéal pour vous entraîner ! » 

Jusqu’à présent, quel a été votre projet le plus amusant ?

« J’ai survolé le terrain d’un club de golf, sur ses neuf trous. Les images des balles volant au-dessus du fairway étaient magnifiques. » 

Y a-t-il un projet que vous voudriez absolument réaliser ?

« Les drones sont un moyen abordable de faire de belles images aériennes pour un film. Ce qui se fait déjà beaucoup aujourd’hui. Une poursuite en voiture, ça serait fantastique. Deux bolides se faisant la course, le conducteur du drone dans un troisième pour les suivre… Le DJI Inspire peut voler jusqu’à 70 km/h et vous pouvez le contrôler à deux pilotes, chacun ayant sa propre tâche. Un pilote se concentre sur le déplacement, l’autre sur la photo. »

Vous avez une expérience de graphiste. Est-ce possible d’allier cette discipline avec les drones ?

« Tout à fait. Il est parfaitement possible de combiner modèles 3D et images réelles dans une même séquence. C’est très utile pour les études d’implantation d’un nouveau bâtiment ou d’un parc, dans l’environnement réel. Vous n’êtes pas limité à quelques images ou à des modèles du bâtiment, mais vous pouvez véritablement montrer ce que cela donnera dans des conditions réelles. »

« Ce qui est génial, c’est de combiner images réelles et virtuelles dans les courses de drones. Vous pouvez utiliser des lunettes spéciales de réalité virtuelle avec certains Racers (drones de course) afin de voir directement ce qu’il se passe par la caméra. C’est comme si vous voliez, et vous pouvez ajouter toutes sortes d’infographies et d’effets spéciaux. L’ordinateur crée des images de missiles ou de lasers. Vous pouvez également spécifier les zones d’exclusion dans les lunettes ou faire apparaître dynamiquement des obstacles à éviter. Les possibilités sont énormes. Cela peut être génial pour les spectateurs qui peuvent voir l’image de chaque conducteur ou obtenir une vue d’ensemble – avec tous les effets. »

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