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Arno fête son septantième anniversaire avec ‘Santeboutique’

16 septembre 2019

Arno fête son septantième anniversaire en grande pompe. 'Santeboutique' est son meilleur album depuis longtemps. Il touche, émeut, est par moments poétique, mais son sourire coquin n’est jamais loin. Vintage Arno donc.

Sante-quoi ?

Selon le dictionnaire flamand ‘santeboutique’ signifie : tout compris, toute l’histoire et ‘tout le bazar’. Un terme parfait pour le phénomène musical de Flandre occidentale qu’est Arno et qui chante, beugle, halète et fredonne principalement en français et en anglais. Un titre parfait aussi pour l’album avec lequel l’Ostendais fête son septantième anniversaire. Il est d’avis que nous en avons tous fait un gâchis et qui a plus le droit à la parole qu’un expert qui ose se surnommer une ‘flopstar’ ?

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La sagesse vient avec l’âge ?

“L'ancien célibataire a grossi. L'ancienne vierge elle a grossi aussi. Ils se disputent. Ils se trompent. Ils s'emmerdent aussi”. Une strophe issue de la chanson d’ouverture et du single donneur de ton qui a précédé la sortie de Santeboutique. S’exprime ici un homme qui a vécu, sait que la sagesse vient avec l’âge mais ne fait pour autant de vous un homme ou une femme sage. Tout comme nous, en tant qu’êtres humains, ne voulons aucunement tirer les enseignements de l’histoire.

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Bon code postal

Raison pour laquelle Santeboutique résonne par moments plus sombrement que d’habitude, mais cela ne rend ces moments pas moins beau pour autant. Et Arno ne serait pas Arno si vous ne perceviez pas un peu plus loin ce sourire contagieux de cet éternel ado de 15 ans. Les textes et la voix sont chez cet artiste toujours indissociablement liés et Arno place ici aussi cette sincérité brute non filtrée dans le code postal où résident Mark Lanegan et Tori Amos. Mais alors dans la rue où les bars ‘humour’ et ‘auto-relativisme’ sont exploités.

Le macrobiote et le boucher

Septante ans ou pas, le Arno de Santeboutique ne semble pas avoir pris une ride par rapport au Arno qui avait hurlé dans l’histoire ‘Oh La La La’ sur le premier album de TC Matic en 1981. Il parvient aussi mieux que quiconque à apporter encore une énergie plus électrisante et magnétique à une chanson plus sobre ou carrément surréaliste. Même si cette chanson, comme dans le cas de celle intitulée  ‘Les saucisses de Maurice’ évoque un macrobiote convaincu qui tombe amoureux d’un boucher. Ou comme dans ‘Tjip, tjip, c’est fini’ qui porte sur l’orgasme masculin.

Naturel

Le chanteur qui a, selon ses propres dires, modéré sa consommation d’alcool, se montre sur Santeboutique en grande forme sur le plan textuel. Le mélange familier de poésie et de réflexions faussement naïves qui ressortait à l’époque avec ‘Les yeux de ma mère’, est ici plutôt la règle que l’exception. Chez n’importe quel autre artiste, on soupçonnerait un processus d’écriture difficile dans près de la moitié des morceaux.  Chez Arno, on ressent le naturel. ‘Naturel’ est d’ailleurs une de nos chansons préférées de l’album.

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En route pour le 14e

Pour Santeboutique, Arno s’est entouré d’une batterie de musiciens belges avec lesquels il se sent à l’aise et cela s’entend. John Parrish, le producteur avec lequel il avait déjà enregistré ‘Future Vintage’ en 2012, est à nouveau aux commandes. L’homme qui a précédemment réalisé de belles choses avec P.J. Harvey, EELS, M. Ward et Sparklehouse se montre à nouveau le partenaire idéal. En ce sens qu’il laisse Arno surtout être Arno. Un rapide calcul a révélé que Santeboutique est déjà le treizième album solo de Arno et par conséquent le mythe de ce chiffre qui porte malheur est désormais définitivement cassé.

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