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Film du mois : Bumblebee

Un extraterrestre en mission importante sur notre planète a perdu la voix et la mémoire. Jusqu’au moment où une adolescente de 18 ans le découvre et le remet en marche. Ah oui, cet alien est un Transformer, un Autobot.

New wave et baladeurs

Quelque part sous le soleil de Californie, Charlie est sur le point d’avoir 18 ans. Elle espère fêter cela en s’offrant la vieille voiture sur laquelle elle travaille depuis des années. Malgré ses talents de mécanicienne, cet espoir semble vain. Tout comme la moitié de sa vie depuis que son père est décédé. Son beau-père n’est pas le pire. Et son demi-frère non plus, mais son père lui manque et Charlie aspire à mieux que son boulot sans avenir dans un parc d’attractions. Même les chansons new wave dans son baladeur n’y changent rien.

En quelle année sommes-nous ?

New wave ? Baladeur ? Oui, le calendrier indique que sommes bien dans les années ’80. Une période de notre histoire lors de laquelle les opinions divergent fortement… mais qui est encore plus désastreuse sur la planète Cybertron. La rébellion des Autobots menée par Optimus Prime est en effet sur le point d’être défaite par les Decepticons. En plein chaos, Optimus décide d’envoyer l’Autobot B-127 en éclaireur sur Terre pour y préparer le rassemblement des troupes.

La Coccinelle jaune

B-127 s’écrase en Californie, malheureusement en plein milieu d’un entraînement de l’unité secrète en charge de la surveillance des activités extraterrestres sur Terre. Le colonel Jack Burns voit en B-127 les prémices d’une invasion et ce malentendu ne va pas s’arranger à l’arrivée d’un Decepticon. Le résultat : seuls Burns et B-127 vont en sortir vivants. Le premier avec un grand sentiment de vengeance et l’Autobot avec un système vocal endommagé et une mémoire défaillante.

Alien à la casse

Avant que B-127 ne succombe à ses blessures, il parvient encore tout juste à scanner une Volkswagen Coccinelle située à proximité. Et comme il s’agit d’un Transformer, cela signifie qu’il en prend la forme. C’est cette coccinelle bancale et sérieusement endommagée que Charlie va découvrir et récupérer dans son garage/à la casse locale. Ce n’est peut-être pas la voiture de sport de ses rêves, mais c’est sa voiture. Du moins, jusqu’à ce qu’il s’avère que derrière ce quatre roues se cache en fait un alien.

Origin story

C’est Charlie qui va rebaptiser B-127 Bumblebee. Dans les films Transformers, il prenait généralement la forme d’un récent modèle Chevrolet Camaro. Mais les créateurs de Bumblebee ont révisé leurs classiques. Le modèle original de prédilection de cet Autobot était effectivement une Volkswagen Coccinelle. Ce film est donc une sorte d’Origin Story de Bumblebee et même s’il se suffit à lui-même, il explique le lien particulier entre Optimus Prime et son éclaireur jaune.

Pas le énième Transformers

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles ce film s’appelle ‘Bumblebee’ et non ‘Transformers : Bumblebee’. Même avec l’ouverture incroyablement spectaculaire de cette bataille sur Cybertron ou les transformations jamais ennuyeuses des Autobots et des Decepticons, on sent qu’il ne s’agit pas d’un film Transformers ‘classique’. Il tourne en effet tout autant autour de Charlie que de l’Autobot et de la dynamique entre les deux personnages principaux. On y voit surtout comment ils tentent de s’en sortir chacun de leur côté et ensemble dans un monde qui les a pris pour cible. Même si pour Bumblebee, les conséquences sont un peu plus dramatiques que pour la jeune ado rebelle.

Profiter aussi entre les scènes d’action

Là où les films Transformers de Michael Bay misent surtout sur l’action et le spectacle, on pourrait ici en attendre un peu plus. Même en faisant abstraction du cadre parfait des années ’80, ‘Bumblebee’ laisse en tant que film plus de place à l’émotion. Et le personnage principal muet possède plus de personnalité que sa version laconique dans le premier ‘Transformers’. Mais que les passionnés d’action ne s’inquiètent pas, ce film compte de nombreuses scènes spectaculaires, et elles sont aussi surprenantes et époustouflantes qu’espéré. Simplement, on n’a pas le sentiment ici que les intervalles entre les scènes servent de respiration dans l’attente du prochain bombardement d’effets spéciaux.

Hailee vole la vedette

Vous aurez sûrement déjà aperçu la plupart des acteurs dans d’autres films, mais mis à part Charlie, ce ne sont pas les grands noms que l’on retrouve ici. D’accord, il y a l’ancienne légende du catch John Cena, qui incarne un colonel Burns convaincant, mais comme évoqué précédemment, c’est le film de Charlie et de Bumblebee. Et comme Bumblebee est en grande partie un robot/une voiture muet(te) en images de synthèse, on peut dire que le film tourne en fait autour de Charlie. Un rôle à la portée de Hailee Steinfeld, qui donnait déjà la réplique à 14 ans à Jeff Bridges et Josh Brolin dans ‘True Grit’, mais qui s’est également fait remarquer dans des comédies musicales comme ‘Pitch Perfect’.

Désormais aussi avec une âme

En même temps, ce robot/cette voiture muet(te) en images de synthèse laisse pour la première fois entrevoir une âme. Cette machine de combat est vulnérable, anxieuse, craintive, bref, tout ce qu’il faut pour la rendre plus sympathique que sa version naïve et sarcastique. Il y aura certainement une suite et nous espérons que Bumblebee attendra encore un peu avant de devenir adulte. En fin de compte, ‘Bumblebee’ est devenu un superbe film que ceux qui n’ont pas vu les autres Transformers peuvent parfaitement apprécier. Tout simplement un excellent film d’action et d’aventure. Et ce n’est pas un hasard s’il ressemble à d’autres opus mémorables du genre réalisés dans les années ’80.