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Nouveau album Johnny Hallyday: Mon Pays, c’est l’amour

06 novembre 2018

Le 51e album, malheureusement posthume, de Johnny Hallyday se nomme ‘Mon pays, c’est l’amour’. Il s’agit, pour des millions de fans, de l’album le plus attendu de l’année. À juste titre, car ils reçoivent un adieu personnel et surprenant de cet artiste inoubliable.

Showman dans l’âme et dans le cœur

Un très bon ami de Johnny Hallyday racontait un jour l’anecdote suivante. Lui et Johnny étaient poursuivis par des paparazzi après une nuit passée dehors sur leur moto. Johnny a chuté lourdement. Son ami a été le premier auprès du corps immobile du chanteur, avec un tas de photographes sur les talons. Cet ami apeuré a alors vu Johnny ouvrir un œil prudemment et lui demander si suffisamment de photos avaient été prises pour qu’il puisse enfin se relever de la route mouillée. Réelle ou non, tous ceux qui ont connu Johnny de près ou de loin vous diront que cette histoire est tout à fait possible. Johnny Hallyday était un homme de spectacle jusqu’au bout des ongles.

Rocker parmi les rockers

Johnny Hallyday a peut-être eu un père belge, mais il est né à Paris et ce père a quitté sa mère quelques mois seulement après la naissance de l’artiste. Ne rendons donc pas les choses plus difficiles sur la question de savoir s’il est belge ou français. L’homme lui-même ne s’en souciait pas. Au contraire, sa musique dépassait les frontières, et également celle de la langue avec ses bottes de cowboy. Après tout, c’est le chanteur qui a introduit le rock ‘n roll en France et cela lui permis de connaître un succès phénoménal.

Saviez-vous, par exemple, que The Jimi Hendrix Experience avait fait la première partie de Johnny pour leur premier concert en France ? Qu’il était un grand ami de Keith Richards des Rolling Stones et de Bob Dylan ? Que Jimmy Page de Led Zeppelin figure dans la longue liste de ses musiciens en studio ? Ou que Bono de U2 a écrit l’une des rares chansons de Johnny en anglais, et ce il y a moins de dix ans ? Un rocker parmi les rockers donc, titre que seuls les fans de cette planète peuvent attribuer. Nous pouvons être fiers que le concert qu’il a donné à Bruxelles en 2016 ait été choisi pour son dernier album live. Ceux qui étaient présents ce jour-là ne l’oublieront d’ailleurs jamais, c’est certain.

Connexions États-Unis-France

Ce concert à Bruxelles était l’une des étapes de sa tournée ‘Rester Vivant Tour’. Un nom quelque peu amer, car Johnny disparaissait le 5 décembre de l’année dernière. Il avait fêté ses 74 printemps et avait, au cours de sa carrière de près de 60 ans, sorti 50 albums. Cela représente plus de 110 millions d’exemplaires vendus ! Et voici donc à présent le 51e ‘Mon pays, c’est l’amour’. Un retour au rocker qu’il était avant, mais qu’il a aussi toujours été. L’album a été réalisé sur deux continents. Les titres ‘Je ne suis qu’un homme’, ‘Pardonne-moi’ et ‘Un enfant du siècle’ ont été les premiers enregistrés en mars 2017 à Santa Monica en Californie. En juin, la tournée des Vieilles Canailles l’a ramené en France, où il a terminé à Paris les sept autres chansons : ‘Made in rock’n’roll’, ‘Mon pays, c’est l’amour’, ‘L’Amérique de William’, ‘4 m2’, ‘Back in L.A.’, ‘J’en parlerai au diable’ et ‘Tomber encore’. Il les enregistra enfin à Suresnes en Septembre, quelques mois avant son décès.

En bonne compagnie

Pour cet épilogue faisant figure de testament, Hallyday a travaillé avec Maxim Nucci, que vous connaissez peut-être mieux sous le nom Yodelice, comme il l’avait fait sur le derrière album ‘L’amour’ en 2015. Cette différence d’âge de près de 40 ans entre Johnny et son partenaire musical régulier peut montrer deux choses. Soit elle prouve l’éternelle jeunesse de ce rocker, soit cela montre la qualité transgénérationnelle de sa musique. Nous préférons choisir les deux.

 

Yodelice, connu pour suivre son propre parcours musical sans compromis, aurait selon son manager et ami Sébastien Farran ‘respecté scrupuleusement les volontés artistiques de Johnny’, pour créer un véritable album rock. Une volonté confirmée par le directeur artistique de la maison de disques Warner Bros qui un jour est venu jeter un coup d’œil en studio et à qui le chanteur avait confié combien il était heureux de pouvoir faire du rock ’n roll. Le choix du légendaire Bob Clearmountain pour mixer l’album était également une évidence. Clearmountain avait, entre autres, travaillé sur ‘Tattoo You’ des Stones, ‘Born in the USA’ de Bruce Springsteen, sur presque toutes les chansons de Bryan Adams et collaboré avec Bon Jovi, INXS, et bien d’autres.

L’album de sa vie

Une longue vie de fumeur ne semble pas avoir impacté l’impressionnant timbre de voix de Johnny, mais ce dernier album doit être le premier qu’il a chanté depuis qu’il avait arrêté la cigarette. Dans ‘Mon pays, c’est l’amour’, sa voix semble plus puissante que dans l’album précédent, mais nous ne pouvons dire ici si c’est lié à cela ou non, et nous n’oserions pas.

Plus important encore : selon Farran, les fans peuvent s’attendre à l’album le plus personnel jamais créé. “C’est l’album de sa vie” disait-il. Laeticia Hallyday, la femme du rocker depuis plus de quinze ans évoque quant à elle “ l’album de la survie” et le fait qu’“il y a beaucoup de ce que Johnny a voulu dire avant de partir”. À notre humble avis, ils ont tous les deux raison. Tout comme nous pouvons nous retrouver dans ce témoignage de Paris Match le qualifiant de “disque hanté par la mort, mais plein d’amour et d’envie d’en découvre avec l’existence, sans oublier la fascination pour l’Amérique”.

Pour finir – et malheureusement ici, il y a une fin – les fans de Johnny Hallyday ne pouvaient souhaiter plus bel adieu. Un album où l’on retrouve, d’un côté, tout son amour pour le rock et le rockabilly et de l’autre, un regard profond et assez rare sur l’âme de cette légende de la musique.

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